Présentation

Ubérisation, c’est le terme que vous employez pour impressionner votre entourage. Il décrit le phénomène de désintermédiation (mot compte triple au scrable), qui est censé court-circuiter les multiples intermédiaires (compte double). C’est en réalité un faux-ami, car le seul intermédiaire qui subsiste capte généralement l’argent des maillons disparus en faisant fi de la fiscalité en vigueur. L’ubérisation, la vraie, arrive gentiment avec des solutions blockchain.

En attendant, vous pouvez néanmoins passer par AirBnB (vous savez, cette plateforme qui permet à des particuliers de louer une ou partie de leur lieu de vie à d’autres particuliers), pour sous-louer une partie de votre appartement.

Devant l’absence de législation en vigueur en Suisse, il est bon de rappeler quelles sont les contraintes à prendre en compte avant de vous lancer :

Ne sous-louez jamais un bail « social » !

Par social, c’est-à-dire les appartements subventionnés. C’est par exemple le cas des chambres que proposent l’ALJF. Pourquoi ?

  1. Parce que sous-louez un bien qui ne vous coûte déjà rien à la base, ce serait donc considéré comme une action mercantile (traduction : volonté de faire du beef)
  2. Vous contribuez ainsi à la pénurie de logements vis-à-vis des gens qui en ont vraiment besoin
  3. Les deux raisons évoquées ci-dessus vous cataloguent dans la grande rubrique « trou-du-cul vénal », et augmente par là-même votre chance de perdre votre bail.

Le cas des loyers libres

Les loyers dits « libres », c’est-à-dire les loyers « normaux », doivent faire l’objet d’une annonce auprès de  votre gérance (et son aval dans la plupart des cas).

En général, les gérances voient d’un très mauvais oeil la sous-location. C’est simple, elles aimeraient pouvoir elles-mêmes appliquer le modèle AirBnB, et engranger un maximum de fric. De ce fait, les sous-locations sont tolérées et ont une chance d’être acceptées si :

  • elles sont annoncées à la gérance (qui se réserve le droit de refuser)
  • elles concernent une partie du bien (un cagibi, une chambre tout au plus)
  • elles concernent l’ensemble du bien pour une petite durée (vacances)
  • la plus-value n’excède pas trop le loyer (votre mobilier de style Empire ainsi que vos qualités de logeur peuvent justifier une légère hausse, mais veillez à ne pas abuser)

Ne pas oublier la taxe communale de séjour !

En effet, à l’instar des hôtels et des B&B, chaque « logeur » est censé percevoir et verser une taxe de séjour auprès de sa commune. Chaque bourgade appliquant ses propres règles, nous vous suggérons de regarder attentivement la notice y afférent.

Concernant Lausanne, la ville demande environ CHF 2.60.- par nuitée (mais fournit un titre de transport gratuit valable pour la durée du séjour, une bonne façon de faire passer la pilule à vos hôtes).

En outre, sont exonérés de la taxe de séjour :

  • Les personnes soumises à l’impôt sur le revenu et sur la fortune dans la commune et qui:
    • ont leur domicile principal dans la commune (y compris celles imposées au forfait), ou
    • ont un domicile secondaire dans la commune durant plus de 90 jours (répartition intercommunale  ou intercantonale de l’impôt sur le revenu et sur la fortune), ou
    • sont soumises à l’impôt à la source;
  • Les personnes suivantes sont également exonérées:
    • en traitement dans les établissements médicaux dans la commune;
    • au bénéfice de l’aide sociale, des prestations complémentaires AVS/AI, des prestations complémentaires pour familles ou d’une bourse d’études suisse ou étrangère;
    • lorsqu’ils sont en service commandé, les militaires, les personnes incorporées dans la protection civile et les pompiers;
    • les aides de ménage au pair;
    • les enfants de moins de 12 ans révolus (vous n’avez rien à faire sur ce site !)

En somme, si vous vivez à Lausanne, vous n’avez rien à payer, et en conclusion, l’objectif n’est pas de se faire du pognon, mais de pouvoir amortir les frais liés à des vacances (quelqu’un paiera votre loyer à votre place), ou le parti-pris de ne pas prendre de colocataires chiants (l’hôte AirBnB étant par définition provisoire).